En France, le recouvrement de pension alimentaire permet au créancier d’obtenir le paiement des sommes qu’un débiteur devait verser pour l’entretien d’un enfant ou au titre d’une obligation familiale. Plusieurs procédures existent, depuis la relance amiable jusqu’au paiement direct, aux saisies et au recouvrement forcé.
Type : service public spécialisé dans le recouvrement et l'intermédiation des pensions alimentaires, géré par la CAF ou la MSA.
Pour quel cas : pension non versée, versée seulement en partie ou payée de façon irrégulière.
Condition essentielle : disposer d'un titre exécutoire fixant la pension alimentaire : jugement, convention homologuée, convention de divorce déposée chez un notaire, acte authentique ou titre délivré par la CAF/MSA.
Situation familiale : l'aide au recouvrement n'est pas réservée aux parents vivant seuls. Elle peut également être utilisée lorsque le parent créancier vit à nouveau en couple.
Enfant : il faut notamment avoir au moins un enfant à charge dans les conditions prévues pour l'aide au recouvrement.
Depuis avril 2026 : l'ARIPA peut, dans le cadre prévu par la loi, recouvrer jusqu'à cinq années d'arriérés de pension alimentaire.
Moyens : les sommes peuvent notamment être récupérées auprès de l'employeur, d'une banque, de France Travail, d'une caisse de retraite ou d'un autre tiers détenant des fonds dus au débiteur.
Démarche : aucune démarche préalable obligatoire auprès d'un commissaire de justice n'est nécessaire pour demander directement l'aide de l'ARIPA.
Solution : Jusqu'à cinq ans d'impayés dans le cadre ARIPA depuis 2026
ARIPA CAF – demander le recouvrement ARIPA MSA – aide au recouvrementType : l'ARIPA devient l'intermédiaire entre les deux parents pour le paiement de la pension.
Fonctionnement : le parent débiteur verse chaque mois la pension à l'ARIPA, qui la reverse ensuite au parent créancier.
Objectif : sécuriser le versement régulier, éviter les contacts financiers directs entre parents et intervenir rapidement en cas d'impayé.
Depuis 2023 : l'intermédiation est systématiquement prévue pour de nombreux nouveaux titres exécutoires fixant une pension alimentaire, sous réserve des exceptions légales.
Condition : pension alimentaire destinée à un enfant et fixée par un titre exécutoire.
Accord de l'autre parent : lorsqu'une intermédiation peut être demandée selon la procédure applicable, l'accord du débiteur n'est pas nécessaire.
Premier impayé : lorsque le parent ne verse pas la somme attendue, l'ARIPA peut engager rapidement le recouvrement.
Coût : le service d'intermédiation est gratuit pour les parents.
Solution : Prévenir les prochains impayés
ARIPA CAF – intermédiation financière MSA – intermédiation financièreType : première tentative de récupération réalisée auprès du parent débiteur avant certaines mesures forcées.
Fonctionnement : la CAF ou la MSA contacte le parent qui doit la pension afin qu'il régularise les échéances manquantes.
Échéancier : selon la situation financière du débiteur, un calendrier de remboursement des arriérés peut être proposé.
Intérêt : cette phase permet parfois de récupérer rapidement la dette sans saisie.
Échec : si la pension reste impayée, l'ARIPA peut engager une procédure de recouvrement forcé.
Frais pour le débiteur : l'ARIPA indique actuellement des frais de gestion correspondant à 7,5 % en phase amiable lorsqu'ils sont applicables au débiteur.
Solution : Régularisation avant saisie
ARIPA – régularisation des pensions impayéesType : recouvrement forcé auprès d'un tiers qui doit lui-même de l'argent au parent débiteur.
Débiteur salarié : la pension et les arriérés peuvent être récupérés directement auprès de l'employeur.
Demandeur d'emploi : France Travail peut être sollicité comme tiers lorsqu'il verse des sommes saisissables au débiteur.
Retraité : une caisse de retraite peut également être concernée.
Banque : l'ARIPA peut utiliser les procédures appropriées permettant de récupérer des fonds auprès d'un établissement bancaire.
Arriérés : depuis le 1er avril 2026, la loi permet à un organisme débiteur de prestations familiales agissant pour le créancier d'utiliser le paiement direct pour des termes échus dans la limite des cinq dernières années.
Important : cette possibilité étendue à cinq ans concerne notamment l'action de la CAF/MSA ; elle est différente de la procédure individuelle classique engagée par un commissaire de justice.
Solution : Employeur, banque, retraite ou France Travail
Légifrance – paiement direct des pensions alimentaires ARIPA – procédures de recouvrementType : procédure de paiement direct engagée indépendamment par le parent créancier auprès d'un commissaire de justice.
Début : elle peut être engagée dès le premier impayé. Un seul terme arrivé à échéance et non payé suffit.
Condition : disposer d'une décision ou convention exécutoire fixant la pension alimentaire.
Arriérés : dans la procédure classique engagée par un particulier, le paiement direct permet de récupérer les six derniers mois d'impayés.
Échéances futures : la procédure permet également d'obtenir directement les échéances à venir tant qu'elle demeure en vigueur.
Tiers : employeur, banque ou autre organisme versant des sommes saisissables au débiteur.
Frais : aucune avance ne peut être demandée au bénéficiaire de la pension pour cette procédure ; les frais réglementés sont en principe supportés par le débiteur.
Attention : pour des arriérés plus anciens, d'autres procédures ou l'intervention de l'ARIPA peuvent être nécessaires.
Solution : Dès le premier impayé + six mois d'arriérés
Justice.fr – procédure de paiement direct Chambre nationale – trouver un commissaire de justiceType : procédure permettant de récupérer une dette sur une partie du salaire du parent qui ne règle pas les pensions dues.
Condition : disposer d'un titre exécutoire constatant la dette.
Depuis juillet 2026-2027 : la procédure de saisie des rémunérations est principalement mise en œuvre par les commissaires de justice selon le nouveau dispositif.
Début : le commissaire de justice délivre notamment un commandement de payer et l'inscrit au registre numérique des saisies des rémunérations.
Délai : le débiteur dispose normalement d'un délai pour payer, rechercher un accord ou contester la procédure.
Montant saisissable : la part saisissable dépend notamment des revenus et des règles protectrices applicables au débiteur.
Pension alimentaire : le créancier peut aussi préférer la procédure spécifique de paiement direct, souvent plus simple pour une pension alimentaire courante.
Solution : Débiteur salarié avec arriérés
Justice.fr – saisie des rémunérations Trouver un commissaire de justiceType : procédure d'exécution permettant, avec un titre exécutoire et lorsque les conditions sont réunies, de saisir des sommes appartenant au débiteur sur son compte bancaire.
Pour quel cas : arriérés importants que le parent débiteur ne règle pas malgré les démarches précédentes.
Professionnel : la saisie est mise en œuvre par un commissaire de justice.
Condition : les sommes disponibles doivent être juridiquement saisissables ; certaines protections légales restent applicables.
Différence : cette procédure peut être utilisée pour des arriérés tandis que le paiement direct est spécialement adapté au paiement régulier de la pension et aux échéances futures.
Titre : jugement ou autre titre exécutoire nécessaire.
Solution : Recouvrement forcé sur fonds bancaires
Justice.fr – moyens de recouvrement des pensions Chambre nationale des commissaires de justiceType : procédure publique pouvant être utilisée lorsque d'autres moyens de recouvrement n'ont pas permis de récupérer la pension.
Pour quel cas : pension alimentaire fixée par un titre exécutoire et échec d'une procédure de recouvrement précédente.
Démarche individuelle : le parent créancier peut adresser une demande au procureur de la République du tribunal judiciaire de son domicile lorsqu'il remplit les conditions.
ARIPA : la CAF ou la MSA peut également transmettre certains dossiers à l'administration fiscale dans le cadre de ses propres procédures.
Indépendant : Justice.fr cite notamment le recouvrement public comme mécanisme particulièrement utile dans certaines situations où le débiteur n'est pas salarié.
Documents : titre exécutoire, décompte des sommes dues et preuves des démarches de recouvrement précédemment engagées peuvent être nécessaires.
Solution : Après échec d'un recouvrement antérieur
Justice.fr – recouvrement par le Trésor publicType : aide financière pouvant être versée au parent qui élève seul son enfant lorsque l'autre parent ne verse pas ou ne verse plus correctement la pension.
Objectif : fournir un revenu de remplacement ou un complément pendant que l'ARIPA tente de récupérer la pension alimentaire.
Premier impayé : Justice.fr indique que l'ASF peut, sur demande et sous conditions, être versée dès le premier mois d'impayé au parent isolé avec un enfant de moins de vingt ans.
Pension faible : un complément d'ASF peut également être possible lorsqu'une pension fixée et versée est inférieure au montant de référence applicable.
Recouvrement : lorsque la CAF ou la MSA verse l'ASF à titre d'avance, elle peut ensuite récupérer les sommes dues auprès du parent débiteur.
Insolvabilité : lorsque le parent débiteur est reconnu hors d'état de payer, l'ASF peut dans certaines situations continuer à soutenir le parent créancier selon les règles applicables.
Solution : Avance financière pour parent isolé
ARIPA – Allocation de soutien familial Justice.fr – ASF et pension impayéeType : titre permettant d'officialiser une pension alimentaire et de faciliter son recouvrement ultérieur.
Pour quel cas : parents séparés qui n'étaient pas mariés et qui sont d'accord sur le montant de la pension et les modalités concernant leurs enfants.
Organisme : CAF pour le régime général ou MSA pour le régime agricole.
Avantage : dans la situation éligible, il n'est pas nécessaire de saisir préalablement le juge aux affaires familiales pour faire officialiser l'accord.
Effet : le titre exécutoire permet notamment la mise en place de l'intermédiation financière et fournit la base juridique nécessaire aux procédures de recouvrement.
Limite : cette démarche ne convient pas à toutes les séparations, notamment lorsque les parents ne sont pas d'accord sur le montant.
Solution : Parents non mariés et d'accord
Service-Public – demande de titre exécutoire CAF/MSA Formulaire officiel Cerfa 15992Type : saisine du JAF lorsque la pension n'a pas encore été fixée dans un titre permettant son exécution.
Pour quel cas : parents en désaccord sur le montant de la pension ou situation ne permettant pas la délivrance directe d'un titre par la CAF/MSA.
Importance : une simple promesse verbale ou un accord informel ne permet pas toujours de mettre immédiatement en œuvre les procédures de recouvrement forcé.
Décision : le jugement fixe le montant, les modalités et éventuellement l'indexation de la pension.
Intermédiation : les décisions judiciaires fixant une pension alimentaire peuvent entraîner la mise en place de l'intermédiation financière selon les règles applicables.
Avocat : l'avocat n'est pas obligatoirement requis pour de nombreuses demandes relatives à la pension alimentaire devant le JAF.
Solution : Créer le titre permettant ensuite le recouvrement
Service-Public – faire fixer une pension alimentaire Justice.fr – pension alimentaireType : voie pénale distincte des procédures civiles permettant de récupérer les sommes dues.
Condition : lorsque le parent débiteur ne paie pas intégralement la pension alimentaire pendant plus de deux mois, une plainte pour abandon de famille peut être déposée lorsque les éléments de l'infraction sont réunis.
Sanction : Justice.fr indique que l'abandon de famille est puni de deux ans d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.
Important : déposer plainte ne remplace pas les procédures permettant matériellement de récupérer les pensions impayées.
Cumul : une procédure de recouvrement ARIPA, paiement direct ou saisie peut donc être engagée parallèlement selon la situation.
Changement de situation : si le débiteur estime qu'il ne peut plus payer le montant fixé, il doit demander sa modification au juge ; il ne peut pas simplement décider d'arrêter le versement.
Solution : Plus de deux mois de non-paiement intégral
Justice.fr – plainte pour abandon de familleType : récupération d'arriérés de pension alimentaire sur une période longue.
Prescription : Justice.fr indique qu'il est possible de réclamer les pensions alimentaires dues jusqu'à cinq ans en arrière au maximum, sous réserve des règles applicables au dossier.
ARIPA : depuis le 1er avril 2026, le paiement direct mis en œuvre par un organisme de prestations familiales pour le compte du créancier peut porter sur des termes échus au cours des cinq années précédentes.
Procédure individuelle : en revanche, le paiement direct classique engagé par un commissaire de justice pour un particulier reste limité aux six derniers mois d'arriérés, en plus des échéances futures.
Conséquence : pour des impayés de plusieurs années, il est utile de distinguer la procédure ARIPA des autres voies d'exécution disponibles.
Documents : préparer un décompte mois par mois des pensions dues, sommes reçues et soldes restant impayés.
Solution : ARIPA : dispositif élargi depuis avril 2026
Justice.fr – ARIPA et cinq années d'arriérés Légifrance – Code des procédures civiles d'exécutionType : recouvrement international d'une pension alimentaire fixée par un titre exécutoire.
ARIPA : l'agence indique pouvoir traiter certaines créances lorsque le débiteur se trouve à l'étranger et également certaines pensions étrangères à recouvrer en France.
Autre dispositif : le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères dispose d'un service compétent pour le recouvrement de créances alimentaires à l'étranger dans les situations relevant des conventions applicables.
Documents : titre exécutoire, état civil, coordonnées connues du débiteur, décompte de la créance et documents spécifiques au pays peuvent être nécessaires.
Adresse inconnue : l'autorité compétente peut, selon les règles applicables, coopérer avec les autorités étrangères pour rechercher certaines informations.
Union européenne et conventions internationales : la procédure dépend notamment du pays de résidence du débiteur.
Solution : Recouvrement transfrontalier
Justice.fr – débiteur de pension à l'étranger France Diplomatie – obligations alimentaires internationalesType : traitement particulier lorsque le parent débiteur ne dispose pas de ressources permettant momentanément le paiement de la pension.
ARIPA : avant un recouvrement, l'agence peut analyser la situation et la solvabilité du parent débiteur.
Insolvabilité reconnue : l'intermédiation peut être suspendue dans certaines situations lorsque le parent est reconnu hors d'état de faire face à son obligation.
Parent isolé : la CAF ou la MSA peut examiner le droit à l'Allocation de soutien familial.
Important : l'insolvabilité économique n'efface pas automatiquement une décision judiciaire fixant la pension.
Modification : le parent qui ne peut plus supporter le montant doit demander au juge sa réduction ou sa suppression lorsqu'une modification est nécessaire.
Solution : ASF possible pour le parent isolé sous conditions
Justice.fr – insolvabilité et intermédiation ARIPA – aides disponiblesPremier impayé : signaler rapidement l'incident à l'ARIPA si le dossier est intermédialisé ou demander son aide lorsque les conditions sont remplies.
Débiteur salarié : le paiement direct auprès de l'employeur constitue l'une des procédures particulièrement adaptées.
Débiteur indemnisé : France Travail peut être tiers détenteur lorsque des sommes saisissables sont versées.
Débiteur retraité : la caisse de retraite peut intervenir dans un paiement direct.
Débiteur indépendant : l'ARIPA peut utiliser d'autres procédures, notamment le recouvrement public lorsque les conditions sont réunies.
Arriérés récents : un commissaire de justice peut mettre en œuvre le paiement direct dès le premier impayé pour les six derniers mois et les échéances futures.
Arriérés anciens : l'ARIPA dispose depuis avril 2026 de possibilités permettant de remonter jusqu'à cinq ans dans le cadre prévu par la loi.
Plus de deux mois sans paiement : une plainte pour abandon de famille peut également être envisagée sans remplacer le recouvrement financier.
Repère : Le titre exécutoire est la pièce centrale
Justice.fr – tous les recoursType : démarche numérique permettant de demander l'aide au recouvrement d'une pension alimentaire.
Organisme : CAF pour les allocataires du régime général ou MSA pour les personnes relevant du régime agricole.
Documents : titre exécutoire fixant la pension, informations sur l'autre parent, coordonnées bancaires et éléments relatifs aux impayés.
Formulaire : la demande d'ASF et de recouvrement est organisée de manière à permettre à l'organisme d'étudier l'ensemble des droits concernés.
Compte ARIPA : lorsque l'intermédiation est déjà mise en place, l'espace usager permet de transmettre des informations et de suivre la gestion de la pension.
Contact : l'ARIPA met également à disposition des moyens de contact depuis les espaces en ligne pour les parents qui paient ou reçoivent une pension.
Démarche : Recouvrement accessible en ligne
ARIPA CAF – commencer la démarche ARIPA MSA – demander le recouvrementType : espace en ligne du service public des pensions alimentaires.
Parent créancier : renseigne notamment le compte bancaire sur lequel la pension doit être reversée.
Parent débiteur : renseigne ses modalités de paiement à l'ARIPA lorsque l'intermédiation est mise en place.
Moyens de versement : l'ARIPA présente notamment le prélèvement automatique, le virement et, selon la procédure, le chèque.
Délai de réponse : lorsqu'un parent reçoit la demande initiale de renseignements de l'ARIPA, il doit répondre dans le délai indiqué afin d'éviter des pénalités et difficultés de mise en place.
Impayé : lorsqu'un incident apparaît pendant l'intermédiation, il doit être signalé et traité par l'agence.
Service : Gestion en ligne de l'intermédiation
ARIPA – créer ou accéder à l'espace usager ARIPA – contacter un conseillerUne pension devient impayée lorsque la somme fixée n’est pas versée intégralement à la date prévue. Le créancier peut agir dès le premier incident sans attendre plusieurs mois. Un paiement incomplet constitue également un impayé pour la différence entre la pension normalement due et la somme effectivement reçue.
Pour utiliser les principales procédures contraignantes, la pension doit généralement être fixée dans un document ayant force exécutoire. Il peut s’agir notamment d’une décision judiciaire, d’une convention homologuée ou d’un autre acte bénéficiant de cette valeur juridique et précisant clairement le montant de l’obligation alimentaire.
Avant d’engager une procédure forcée, le créancier peut demander au débiteur de régulariser rapidement la situation. Un courrier écrit permet de rappeler le montant dû, les échéances concernées et le délai proposé pour payer. Cette démarche conserve une trace utile si les impayés persistent ensuite.
La procédure de paiement direct peut être utilisée dès le premier impayé, même lorsque le retard vient seulement de commencer. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre deux ou trois mensualités. Le créancier doit toutefois disposer du titre permettant d’établir précisément l’existence et le montant de la pension.
Cette procédure consiste à demander à un tiers détenant ou versant des sommes au débiteur de payer directement le créancier. Il peut notamment s’agir de l’employeur, d’une banque ou d’un organisme versant certains revenus. Le débiteur ne reçoit alors plus lui-même la somme saisie.
Le paiement direct permet notamment de récupérer les mensualités impayées des six mois précédant la mise en place de la procédure. Les échéances futures peuvent ensuite continuer à être versées directement au créancier, ce qui sécurise les paiements réguliers tant que l’obligation alimentaire reste due.
La limite de six mois concerne spécifiquement les arriérés récupérables par paiement direct. D’autres voies de recouvrement permettent de réclamer des pensions plus anciennes. En règle générale, les sommes alimentaires impayées peuvent être recherchées jusqu’à cinq années en arrière lorsque les conditions juridiques sont réunies.
La mise en œuvre du paiement direct passe par un professionnel habilité qui transmet la demande au tiers concerné et informe parallèlement le débiteur. Le créancier fournit notamment le titre exécutoire, le décompte des sommes impayées et les informations disponibles permettant d’identifier le débiteur et ses revenus.
Une pension alimentaire impayée peut également être récupérée sur les rémunérations du débiteur selon les règles de saisie applicables. Une partie des revenus est alors prélevée avant d’être versée au débiteur. Cette procédure nécessite un titre permettant l’exécution et respecte certaines protections sur les revenus saisissables.
Lorsque le débiteur dispose d’argent sur un compte bancaire, une procédure de saisie peut permettre de récupérer tout ou partie des sommes dues. Le montant réellement récupérable dépend du solde disponible, des règles protégeant certaines ressources et de l’existence éventuelle d’autres créanciers poursuivant également le débiteur.
Lorsque les autres solutions ne permettent pas de récupérer la pension, certains biens saisissables peuvent éventuellement être utilisés pour exécuter la dette. Cette procédure nécessite le respect de formalités précises et ne concerne pas les biens protégés par les règles relatives aux nécessités de la vie courante.
Lorsque la pension concerne l’entretien et l’éducation d’un enfant, un système d’intermédiation peut permettre au débiteur de verser la pension à un intermédiaire qui la reverse ensuite au parent créancier. Cette organisation limite les paiements directs entre parents et facilite la réaction lorsqu’un retard apparaît.
En présence d’impayés, le dispositif d’intermédiation peut engager une phase amiable puis, si nécessaire, des procédures de recouvrement forcé. Dans certaines situations, il peut rechercher les arriérés correspondant aux vingt-quatre mois précédant la mise en place de l’intermédiation, en plus de sécuriser les échéances futures.
Lorsqu’un parent isolé remplit les conditions prévues et que la pension destinée à l’enfant n’est pas payée, une prestation de soutien peut temporairement compenser tout ou partie de l’absence de versement. Le recouvrement se poursuit parallèlement contre le débiteur afin de récupérer les sommes restant dues.
L’existence d’un mécanisme d’intermédiation ou d’une avance versée au créancier ne supprime pas la dette du parent qui devait payer la pension. Les arriérés peuvent continuer à être réclamés et des frais supplémentaires peuvent être appliqués lorsque le recouvrement devient nécessaire en raison des impayés.
Perte d’emploi, baisse de revenus, maladie ou nouvelle situation familiale peuvent rendre le paiement difficile, mais le débiteur ne doit pas décider unilatéralement de réduire ou d’arrêter la pension fixée. Il doit demander une révision du montant lorsqu’il estime que sa situation justifie une modification durable.
Tant qu’un nouveau titre n’a pas supprimé ou réduit l’obligation, les échéances fixées continuent normalement à être exigibles. Un débiteur qui verse volontairement moins que le montant prévu accumule donc des arriérés, même s’il estime personnellement que la pension est devenue trop élevée.
Pour engager efficacement le recouvrement, le créancier doit pouvoir identifier chaque échéance non payée ou partiellement payée. Un tableau indiquant mois, montant normalement dû, montant reçu et solde restant permet d’établir clairement la créance et d’éviter des désaccords sur les sommes réclamées.
Lorsque la pension est indexée ou révisée selon une clause prévue dans le titre, le montant dû peut évoluer au fil du temps. Le calcul des impayés doit alors tenir compte de chaque revalorisation applicable. Réclamer uniquement l’ancien montant peut sous-évaluer la dette réellement accumulée.
Virements bancaires, reçus et autres justificatifs permettent d’identifier les sommes effectivement versées. Le créancier doit les conserver afin de ne réclamer que le solde réellement impayé. De son côté, le débiteur a intérêt à utiliser des moyens de paiement laissant une trace claire de chaque règlement.
Lorsque le débiteur reste plus de deux mois sans exécuter intégralement l’obligation alimentaire fixée par un titre applicable, les faits peuvent constituer un abandon de famille. Cette infraction pénale est distincte des procédures civiles destinées à récupérer l’argent et peut donner lieu à une plainte.
La procédure pénale vise à sanctionner un comportement, tandis que le paiement direct, les saisies et les autres mécanismes de recouvrement cherchent principalement à obtenir les sommes dues. Le créancier peut donc devoir combiner plusieurs démarches lorsque son objectif est à la fois de récupérer les arriérés et faire constater l’infraction.
Un changement de pays ne fait pas automatiquement disparaître l’obligation alimentaire. Des mécanismes de coopération peuvent permettre de rechercher le débiteur et de faire exécuter une pension fixée en France ou à l’étranger. Les démarches deviennent toutefois plus complexes et dépendent du pays dans lequel réside le débiteur.
En France, une pension impayée peut être récupérée grâce à plusieurs mécanismes complémentaires : relance amiable, paiement direct, saisie, intermédiation ou autres voies d’exécution. Agir dès le premier incident, conserver les preuves et disposer d’un titre exécutoire facilitent fortement la récupération des arriérés et la régularité future.